A trois jours de la gaypride nationale qui se déroulera ce samedi à Paris, le gouvernement semble envoyer un signal clair à la communauté homosexuelle. En effet, le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos explique à «Libération» comment il entend mener la lutte contre l’homophobie à l’école alors que le mot d'ordre de la gaypride parisienne est "Pour une école sans AUCUNE discrimination ! "
Pourquoi la lutte contre l’homophobie est si importante ?
La question de l’homophobie intéresse toute la société, et spécifiquement les lieux de culture et de savoir. J’ai donc souhaité que l’école ne la méconnaisse pas. Et que tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences, liées à son orientation sexuelle soit protégé.
D’abord il fallait que nous sachions ce qu’il en était. Des associations et des lycéens nous alertaient. Dans notre logiciel Civis qui recense les violences de toutes natures, nous avons introduit les actes liés à l’homophobie. Les chiffres restent modestes. De septembre à novembre 2007, les violences à caractère homophobe ont représenté 0,6 % du total, et de décembre à février 2008, 0,3 %. Mais il s’agit de signalements, non de la réalité. L’homophobie est une attitude, elle crée un climat et ne s’exprime pas forcément par des violences. Il est en outre toujours un peu compliqué de la dénoncer.
Nous pouvons progresser. L’omertà sur tout cela est toujours présente. Des chiffres alarmants montrent que nos jeunes homosexuels ne vont pas bien et qu’ils sont victimes de leur orientation sexuelle : leur taux de suicide est près de trois fois supérieur à la moyenne. On sait aussi que les jeunes se moquent ou insultent, facilement. Tout ceci crée des tensions et beaucoup de souffrance chez les jeunes homosexuels.
Quelles actions lancez-vous ?
D’abord, pour être certain que nos personnels se sentent concernés, j’ai décidé pour la première fois de mentionner explicitement dans la circulaire de rentrée 2008 la lutte contre l’homophobie. C’est un pas décisif qui va engager toute la maison, même si le milieu éducatif est déjà très vigilant.
Concrètement, j’ai décidé de rendre systématique à la rentrée l’affichage de la ligne Azur (pour ceux qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, ndlr) dans les lycées, ce qui permettra aux adolescents, victimes de violences homophobes ou soucieux de s’informer, de trouver des interlocuteurs formés. La brochure «Homophobie savoir et réagir» (jusqu’ici distribuée dans les rectorats) sera en outre disponible dans tous les établissements - dans les centres d’information et documentation, les infirmeries, les salles des profs.
Pourquoi exclure les collèges ?
Les collégiens ont de 11 ans à 14-15 ans, ce sont des enfants et des adolescents. Il faut être plus prudent, car il n’y a pas d’homogénéité. Au collège nous préférons donc une approche explicative. Il y a des cours liés à l’éducation à la sexualité, des associations interviennent pour sensibiliser les élèves. Mais il faut surtout que les jeunes trouvent des contacts personnels pour parler de questions relevant de l’intime. Pour cela, nous préparons des modules de formation spécifiques pour que nos infirmières scolaires puissent assumer cet accueil.
(source : journal Libération)
Les réactions sur le site internet du journal nous rappellent que du chemin reste à parcourir. On peut y lire (même si ce type de propos sont minoritaires) que certains considèrent toujours l'homosexualité comme anormale voir comme une pathologie. D'autres accusent le journal de faire l'apologie de l'homosexualité.
Le fait que le ministre prennent une telle initiative est importante. La lutte contre l'homophobie commence au niveau éducatif des plus jeunes. Dommage que les collèges ne soient pas concernées par les affiches et l'information directe car la problématique et les difficultés d'acceptation de sois et l'homophobie commencent lors des années collèges. J'ai quelques doutes sur le corps enseignant (surtout dans le privé) pour communiquer sur cette problématique. Je me souviens de mon cours de biologie/ éducation sexuelle en 4ième où ma prof considérait comme anormale l'homosexualité. Elle craignait que les homos lui volent son mari... pff.. pauv' fille.
Bref... afficher une ligne azur et une campagne d'information ne serait pas de trop dans les collèges. Avec ce que l'on voit aujourd'hui aux infos... il n'y aurait rien de choquant.
A quand les autres ministères et une campagne nationale et publique de lutte contre l'homophobie ?